Témoignage de Pr Jean Delaire, post président d'honneur de l'ISFESO©

À propos du Sourire

Un radieux sourire est le plus merveilleux cadeau que puisse offrir à son Orthodontiste, un patient à la fin de son traitement.
En effet, c’est non seulement un témoignage de gratitude, mais aussi la promesse d’une bonne stabilité des résultats tant en ce qui concerne l’état de la denture et des éléments osseux qui la supportent que celui des tissus mous qui les environnent et des fonctions qui les animent.
Cette signification morphologique, fonctionnelle et pronostique du sourire s’explique par les relations étroites existant entre les formes externes et structures internes du squelette, les forces provenant des muscles oro-faciaux et cervicaux, et l’harmonie esthétique du visage.
Tous ces facteurs, en effet, sont gouvernés par les mêmes lois "universelles" que sont : l’équivalence de la matière et l’énergie, l’harmonie proportionnelle de tous les éléments de l’univers, et les lois vitales (propres aux être vivants, responsables de leurs particularités morphologiques et comportementales).
Tous les éléments squelettiques (cartilages, os) étant la stricte matérialisation des forces qui se sont exercées sur chacun d’eux, aucun ne peut donc changer sans qu’il en soit de même des autres et sans que ces changements s’étendent aussi aux tissus mous et aux fonctions oro-faciales et cervicales.
Parmi celles-ci le comportement au repos et en mouvement des muscles faciaux superficiels n’a pas la place qu’il mérite dans le déterminisme du rangement des dents antérieures, de la hauteur de l’étage inférieur de la face et de ses proportions avec le reste du visage. Le rôle du psychisme dans ce comportement n’est, de même, généralement pas suffisamment pris en compte et traité comme il le faudrait.
Chaque orthodontiste sait, par expérience, qu’un sourire crispé coïncide avec une rétraction sous-nasale (et favorise sa récidive après correction), que le sourire niais du "cancre nasal" (ventilateur buccal) s’accompagne d’une atonie oro-faciale diffuse avec hypo-développement maxillaire latéro-nasal impossible à corriger de façon durable si les troubles ventilatoires persistent, qu’un sourire gingival résulte souvent d’une hyper-alvéolodontie avec excès vertical de l’étage inférieur de la face. Il existe donc une véritable sémiologie du sourire et plus généralement de l’état et des mouvements des muscles de la "chaine faciale superficielle".
Ainsi, après fermeture d’une fente labio-maxillaire congénitale, la bonne projection de la lèvre supérieure (premier temps du baiser) est le meilleur garant de la bonne reconstruction des muscles naso-labiaux et d’une bonne croissance faciale ultérieure (contrairement au simple bel aspect d’une lèvre immobile qui s’accompagne trop souvent d’un hypo-développement maxillaire).
On n’insistera jamais assez sur le fait que notre but ne doit pas être seulement de normaliser la denture mais de donner à la face de nos patients le maximum de beauté, au repos et en mouvement, leur apportant ainsi le bonheur qu’il espèrent tous voire découler de nos traitements.
La Société Internationale d’Orthodontie Esthétique et Fonctionnelle du Sourire (S.I.O.E.F.S.), dont le titre indique d’emblée l’importance accordée aux aspects esthétiques et fonctionnels du sourire mérite donc tous nos encouragements.
C’est également une des orientation de l’Association pour la Recherche dans les Malformations Céphaliques et Cervicales (AREMACC) que je préside depuis plus de 25 ans. C’est vraisemblablement à ce titre que les fondateurs de l’ISFESO© m’ont proposé d’en être Président d’honneur de cette nouvelle société.
Je les en remercie très vivement et les assure de mon soutien le plus entier.

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